Les autres auteurs interviewés
Bilan du festival de bande dessinée Strasbulles 2008
Il aime à se voir comme « le larbin de l’immense professeur Pacôme », une formule modeste et ironique qui n’en fait pourtant pas moins l’âme de L’Institut Pacôme, micro-éditeur né aux Arts Décos de Strasbourg dans le flux indé des 90’s. Cela ne l’empêche pas (trop) de créer des bandes dessinées foutraques ou encore de participer à de nombreuses expériences oubapiennes comme les 24h de la bande dessinée . Dans ses « opus » Bouclettes la récurrence et le foisonnement des personnages entre chaque volume ont peu de choses à voir avec ceux des séries BD. Cela se vérifie par la variété des formats, techniques, genres, univers explorés, du géant noir et blanc Olive n’a plus d’huile, à l’épouvantable aventure, La Mystérieuse Nuit du chien-garou, en passant par la bande dessinée jeunesse en 48CC1, Telle est une Estelle. Dernièrement, il s’attaque aussi au comics expérimental et pas cher du tout avec la série Ultra Violette chez Pacôme.
Pour vous, allait-il de soi d’accepter de participer à un festival à Strasbourg ?
NON. J’avoue avoir été très sceptique parce que je connais les festivals de bande dessinée « classiques » qui ne misent que sur les dédicaces et négligent le public « non fan de BD ».En même temps, le fait de participer allait de soi du fait que nous (les micro-éditions strasbourgeoises) cherchions à faire connaître notre vision de la bande dessinée à un large public.
De quelle manière avez-vous été sollicité pour participer à Strasbulles ?
Ce sont les organisateurs qui sont venus lors de la Saint Pacôme 2008, et nous ont proposé la chose en nous demandant si ça nous intéressait d’être « co-organisateur » sur un pôle plus « alternatif » du festival. Alors évidemment, intéressés, on a bien réfléchi… Qu’ils soient venus à la Saint-Pacôme nous a donné l’impression qu’ils cherchaient à ne pas rester cantonnés à l’idée su festival « plan-plan-dédicaces » pour tenter autre chose.
Avez-vous constaté un décalage avec ce que vous avez trouvé sur place ?
Oui et non. Le décalage vient du fait que deux univers se confrontent. L’univers « festival-dédicace classique » et « festival underground », qui restent scindés dans la pratique. Mais l’ouverture étant clamée haut et fort, c’est à nous de proposer et parfois d’imposer des choses. Ce fut le cas des propositions de performances créatives de planches de bande dessinée sur le site du festival.
De manière générale, qu’attendez vous des festival de bande dessinée ?
Qu’ils soient généreux et ouverts. Qu’ils proposent des choses, et que le public montre, par sa participation, que l’on a raison de ne pas se plier à un soi-disant « goût du public », mais qu’on doit lui proposer une « ouverture » sur ce qu’il ne connaît pas a priori… Que le public se laisse guider dans des voies nouvelles et/ou différentes. C’est de la spéculation, mais sans ce moteur, à quoi bon ?! Un festival s’appuyant sur des choses que le public connaît déjà par cœur ne m’intéresse pas.
Qu’est-ce que vous avez le plus apprécié ?
L’idée des tables centrales, et le fait que les espaces « alternatifs » et « micro-édition » soient bien visibles.
Le moins ?
Les tickets de dédicace pour tous, y compris les auteurs des espaces « alternatifs » et « micro-édition ». Mais l’an prochain, ce ne sera pas le cas. Les tables rondes (et donc les tickets) ne seront que pour les auteurs les plus célèbres. Le festival fut aussi trop court, l’an prochain, on va essayer de proposer trois ou quatre jours au lieu de deux.
Voyez-vous une adéquation entre Strasbulles et votre travail ? Si oui laquelle?
Le fait que nous (micro-édition) ayons une place centrale dans l’organisation, et donc proposer des choses qui peuvent aller dans le sens créatif que nous privilégions : recherche, laboratoire, expérimentation.
Qu’avez vous pensé de son organisation ?
Sympathique. Familiale, au bon sens du terme, du fait que c’est une poignée d’amis qui ont soutenu tout ça s’est ressenti. Pas assez d’expositions. Espace fanzine trop à l’écart.
Du public ?
Varié, curieux. Le public, tout comme moi, je suis à Strasbourg depuis 12 ans, ne comprenait pas qu’il n’y ait pas de festival ou de salon de bande dessinée dans cette ville qui accueille quand même l’école des Arts Déco et sa célèbre option illustration, ainsi qu’une histoire de l’illustration très prégnante dans la région.
De quel auteur la présence vous a manqué ?
F’Murrrr, j’aurais aimé le rencontrer, et j’étais trop occupé par l’espace « micro-édition » pour aller saluer les auteurs que je voulais voir…
Lequel avez-vous retrouvé avec plaisir ?
Les copains de la micro-édition que je ne vois habituellement qu’une fois l’an à Angoulême… Et les autres de l’espace alternatif. Et aussi j’étais content de voir Nancy Peña, car je l’aime bien et je la ne vois jamais. Quelle question chiante ! Je ne vais pas déballer tous les gens que j’aime bien, non !?
Lequel avez vous découvert ?
Mister Mulot, et Frère Alexandre, que je ne connaissais pas. Mais il n’est pas auteur, il est juste chargé des relations presse à L’Association. C’était chouette aussi de rencontrer de manière fortuite Mattt Konture qui était là une demi-heure au début de la rencontre autour de la « micro-Édition » à la librairie Quai des Brumes. Il est parti trop tôt pour ne pas louper son train ! Lucas Méthé aussi, qui était là présent ce week-end-là par hasard parce qu’il était à Strasbourg à cette période.
Avez-vous découvert ici un aspect de la bande dessinée que vous ignoriez ?
Non. J’étais content d’approfondir un (tout petit) peu avec El Don Guillermo, car à chaque fois on se loupe à Angoulême. mais finalement, il va falloir que l’an prochain on remette ça, parce qu’en fait j’ai pas trop discuté avec lui.
Un conseil, un encouragement, un reproche ou une plainte à formuler pour une prochaine édition ?
M’en fous, je fais partie de l’organisation, ha ! ha ! ha ! ha !
Imagineriez-vous retranscrire votre expérience ici dans une de vos œuvres ?
C’est une très bonne question. Ça ressortira bien d’une manière ou d’une autre dans une histoire si je parle d’un festival de bande dessinée dans un projet, mais sinon… Je ne sais pas. Peut-être si on faisait des choses croisées avec d’autres auteurs. Une sorte d’avis ou de question soumis à un autre auteur pour voir la confrontation qu’il en ferait en dessin… Je dis ça comme ça, c’est la première idée
(floue) qui me passe par la tête… Un truc expérimental… Pfff !
Le titre de votre dernier livre paru ?
Heuuu, La Nuit du mystérieux chien garou, éditions La Boîte À Bulles, et Les Pies bavardes Éditions L’Œuf. Ils sont sortis tous les deux en juin 2008.
Propos recueillis par Fabien Texier
Photo : Christophe Urbain
Site de L’Institut Pacôme
Strasbulles s’est tenu du 15 au 21 septembre à Strasbourg
Prochaine édition les 27 et 28 juin 2009
1 : Terme forgé par J.-C. Menu dans Plates Bandes (et qui depuis a fait florès) pour désigner l’album de 48 pages couleur cartonné qui s’est imposé dans les années 80 comme le format de référence chez les grands éditeurs franco-belges.
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Tags: bande dessinée, BD, Christophe Urbain, Fabien Texier, festival, Institut Pacôme, micro édition, plan 9, plan-neuf, strasbourg, Strasbulles, Sylvain Moizie
