bande dessinée // Belles Illustrations / Nouveau départ

belles-illustrations-1.jpg belles-illustrations-2.jpg

C’est du joli !

Le diplôme des arts décos passé en juin 2009, le noyau dur de la revue Belles Illustrations s’installe en atelier à Strasbourg. L’occasion de revenir avec ses jeunes capitaines sur cette aventure collective en BD et en illustration, avant un come-back angoumois en janvier 2010.

Genèse
À l’origine, un échec, un collectif avorté en troisième année à l’atelier d’illus de l’ESAD. Au retour des grandes vacances en 2007, élèves et professeurs en sont venus à la même conclusion : relancer un projet de fanzine. Pour qu’il puisse réellement fonctionner, il faudra une équipe dirigeante motivée et limitée. Clément Paurd réfute toutefois l’idée d’un projet scolaire. « Le parallélisme de nos réflexions nous a permis d’obtenir un vrai soutien de Dégé (responsable de l’atelier d’illustration aux arts décos NDLR), mais dès le premier numéro, avec le choix du grand format, nous étions complètement autonomes. » Leurs premiers pas sont guidés par Julia Wauters, une des responsables d’Écarquillettes, fanzine très coté réalisé par la promo qui précède celle de Belles Illustrations. Pour la méthode, la revue devra beaucoup à l’expérience des aînés qu’elle prend pour « point de départ » ; pour le fond, elle désire s’en éloigner résolument. L’idée de réaliser un bel objet s’impose assez vite : on s’inspire de la qualité des publications de Cornélius, du Kramer’s Ergot. « Nous voulions un objet un spécial, le grand format s’est imposé, et à partir de là nous avons vite établi nos règles. Une à six pages par personne, du noir et blanc, pas d’histoires à suivre », affirme Alexis Beauclair.
Ils surveillent particulièrement le rythme et le confort de lecture à l’instar « des vrais livres », à rebours des fanzines. Les cinq fondateurs mettent de leur poche et forment avec trois autres élèves le noyau dur qui se met au travail dès octobre 2007. En tout, une vingtaine d’auteurs. « C’est devenu une sorte d’anti-fanzine, de plus en plus épais, impliquant la nécessité d’une vraie reliure : à un moment on s’est retrouvé dans la merde ! On a dû réinjecter un peu d’argent. »

Réception En mai 2008 le premier numéro paraît. « On a eu de supers bons retour, de Cornélius notamment, ça a créé une espèce de buzz. » Ce n°1 amène quelques nouvelles propositions de collaboration au-delà du cercle de connaissances qui y avait contribué. « Globalement, ce sont quand même des gens de notre génération, qui ont fait l’atelier d’illustration ou n’en sont pas très loin, et n’ont pas publié », fait remarquer Bettina Henni. « C’est plutôt un support qui nous permet de montrer ce qu’on fait. Quand on sera édité ailleurs, cela deviendra peut-être plus expérimental » renchérit Clément. La ligne éditoriale ne devrait guère bouger pour le moment. Belles illustrations sélectionne les propositions, favorise les « démarches d’auteur ». D’où l’importance de connaître le travail de chacun dans son ensemble, et de suivre son évolution dans les prochains numéros, « une trace ». On insiste aussi beaucoup sur la lisibilité : « ce n’est pas un livre de graphisme. » Bande dessinée ou illustration, là n’est pas l’important pour l’équipe, le ratio devant changer d’un numéro à l’autre. « Le n°2 avait créé une attente, les retours ont été plus mitigés. » Si la part moins importante accordée à l’illustration sur ce numéro en a déçu certains, le succès lors du festival d’Angoulême 2009 a été certain, tant du côté du public que du jury de « bande dessinée alternative » qui leur donné ses encouragements (Clément Paurd de son côté a été primé par le prix Jeune Talent pour les planches issues de Belles Illustrations qu’il a présentées). À tel point que les stocks sont désormais totalement épuisés. Les 200 exemplaires de chaque numéro, fabriqués en un mois, avec leur couverture sérigraphiées et leur poster, disparaissent vite entre les auteurs, les festivals et les librairies pointues qui les diffusent (Quai des Brumes, librairie du MAMCS, Super Héros, Le Regard Moderne…).

Et maintenant ?
Comme Écarquillettes avant elle, Belles Illustrations doit survivre au départ de l’école. Question réglée puisque Clément Paurd, Alexis Beauclair, Bettina Henni, Guillaume Chauchat, Mathieu Lefèvre et Joëlle Merizen s’installent dans un atelier commun. « Nous avons besoin de l’émulation créée, et ça nous permettra également de faire de la micro-édition pour des travaux persos. » C’est là que devrait naître le n°3, prévu pour coïncider avec le festival d’Angoulême 2010.

Fabien Texier

Le myspace de Belles Illustrations
Le site

Tags: , , , , , , , , , , , , , , ,


6 commentaires pour “Belles Illustrations / Nouveau départ”

  1. matthias dit :

    Ce fanzine est dirigé par la grande saucisse du fr est

  2. Fabien dit :

    Je crois qu’il manque un bout de saucisse à ce commentaire !

  3. benjamin dit :

    hum le prix d’angouleme alternatif 2009 n’a-t-il pas été donné à dmpp comix?

  4. Fabien dit :

    Tout à fait. Merci pour la remarque !

  5. Gérard la Jeunesse dit :

    Au fait : http://jaimemonesad.blogspot.com/

  6. Fabien dit :

    On en parle bientôt…

Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour publier un commentaire.